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Mais qui était donc réellement Saint-Nicolas ?

Bientôt le 6 décembre et ses fameux manalas, pour célébrer la Saint-Nicolas. Mais qui était donc réellement Saint-Nicolas ?

Les informations concernant Saint-Nicolas sont incertaines car une grande partie de sa vie est légendaire. Nicolas de Myre est né à Patare, en Lycie (actuelle Turquie) vers 270 dans une riche famille chrétienne. Après la mort de ses parents Epiphanios, Grec d’origine et Ioanna, des suites d’une épidémie de peste, Nicolas voulut utiliser sa fortune pour la gloire de Dieu sans avoir à bénéficier des louanges des hommes. Il fut ordonné prêtre et abbé de Sion (près de Myre) par son oncle, l’évêque de Myre. A la mort du successeur de son oncle, il fut désigné évêque de Myre, vers l’an 300.

Ambroggio Lorenzotti, Vie de Saint Nicolas : Saint Nicolas est élu évêque, peinture sur bois, début du XIVe siècle. Galerie des Offices, Florence

Il aurait participé au premier Concile de Nicée en 325. Il s’est distingué par sa lutte contre l’arianisme. Il a accompli toutes sortes de miracles de son vivant, prodiges relatés dans la « Légende dorée », rédigée à partir de diverses sources entre 1264 et 1267 par le dominicain Jacques de Voragine (1230-1298).

La Légende dorée.. Vol. 1 et 2/Jacques de Voragine ; trad. du latin et introd. par Teodor de Wyzena. ; Diane de Selliers (2000)

 

Son premier miracle fut de se mettre debout dans le bain le jour de sa naissance.

Gentile da Fabriano, Naissance de saint Nicolas, peinture sur bois, détail du Plyptique Quatratesi, 1425. Pinacothèque du Vatican

 

Par la suite il sauva un homme et ses trois filles de la misère en leur jetant par la fenêtre pendant trois nuits consécutives, trois bourses remplies d’or pour les mariages des jeunes filles.

Ambroggio Lorenzotti, Vie de Saint Nicolas : Saint Nicolas donne une dot à trois jeunes filles pauvres, peinture sur bois, début du XIVe siècle. Galerie des Offices, Florence

 
 

Une femme heureuse de la nomination de Nicolas en tant qu’évêque, va à la messe mais oublie son enfant dans une cuve d’eau chaude sur le feu. Désespérée, elle implore St-Nicolas de sauver son enfant et le retrouve sain et sauf à son retour de la messe. Des marins en perdition avaient invoqué le Saint, qui leur apparu, a calmé la tempête et les a sauvés du naufrage. Une autre fois, il ressuscita trois jeunes enfants assassinés par un aubergiste à qui ils avaient demandé l’hospitalité. Au lieu de cela, l’aubergiste les avaient égorgés et transformés en petit salé. Quelques années plus tard, Saint-Nicolas, de passage, demanda au commerçant de manger du petit salé et face à ce dernier, il rendit vie aux enfants.

Saint Nicolas, Jean-Marie Cuny ; [publié par l'] Imagerie d'Epinal.- Imagerie Pellerin (1987)

 

Lors d’une terrible famine qui sévit dans son pays, il multiplia une petite quantité de blé prise sur des bateaux qui apportaient le blé à Alexandrie pour l’empereur. En plus de sauver son pays, il rendit tout le blé aux marins qui trouvèrent leur cargaison intacte en arrivant à destination.

Ambroggio Lorenzotti, Vie de Saint Nicolas : Saint Nicolas libère la ville de Mira de la famine, peinture sur bois, début du XIVe siècle. Galerie des Offices, Florence

 

 

Pour finir cette petite liste de miracles, il sauva trois comtes qui l’avaient invoqué car injustement condamnés à mort par leur empereur.

 

Saint protecteur des enfants, des navigateurs, des voyageurs, de la vertu des jeunes filles, des jeunes gens à marier, des prisonniers, de la Russie, de la Lorraine, Saint-Nicolas serait mort le 6 décembre 343 ou 345 à Gemile, une petite île au large de Patare ; puis vers 650 son corps aurait été mis à l’abri des razzias arabes dans la cathédrale Saint-Nicolas-de-Myre (actuelle Dembré en Turquie). Enseveli dans un tombeau de marbre, une fontaine d’huile miraculeuse jaillit de sa tête et une source d’eau de ses pieds. Suite à la défaite de l’armée byzantine en 1071 face à l’armée turque, l’Anatolie est livrée aux Turcs et en 1087, ils investissent Myre. Des marins de Bari décident de récupérer le corps de Saint-Nicolas pour le mettre à l’abri chez eux. Une translation des reliques est effectuée le 9 mai 1087. La basilique San Nicolas de Bari est construite à son intention entre 1087 et 1197.

La basilique Saint-Nicolas à Bari    La statue de Saint-Nicolas à Bari    Coffret ayant servi au transport des reliques du Saint

 

Pourquoi fêtons-nous Saint Nicolas en Alsace ?

Le culte du saint est attesté dans l’église primitive de rite byzantin et dans l’église orthodoxe depuis le VIe siècle, lorsque l’empereur Justinien construisit une église dédiée au saint à Constantinople en 550. Au début du IXe siècle, le culte atteint l’Italie grâce aux relations étroites entre les Italiens et l’empire byzantin. Au Xe siècle, le culte de Saint-Nicolas arrive dans les régions germanophones grâce à Théophanie Sklérène, l’épouse byzantine de l’empereur germanique Otton II. Le mariage de la fille de Théophanie, Mathilde, avec Enzo de Lotharingie favorise la propagation du culte et l’on trouve des églises consacrées au saint à Liège (1000), Aix-la-Chapelle (1005), Trèves (1018), Bari (1036 et 1039)), Cambrai (1047), Laon (1060), Metz (1065), Amiens (1073), Beauvais (1078), Soissons (1076), …. La translation des reliques vers Bari en 1087, événement connu dans toute l’Europe permit une large diffusion du culte.

Vers 1098, un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville et son cousin germain le sacristain de l’église de Bari retournèrent en Lorraine en emportant un petit ossement récupéré dans le tombeau du saint. Suite au décès du sacristain en chemin, Aubert de Varangéville conserva la relique dans son castel, jusqu’à ce que les rumeurs de prodiges opérés par cette dernière ne fussent connus de tous. La relique fut alors déposée dans la chapelle Notre-Dame-de-Port, dans le village de Port sur la rive gauche de la Meurthe. Après la construction de l’église dédiée à Saint-Nicolas, le village prit pour nom Saint-Nicolas-de-Port et face à l’afflux des pèlerins, de bourgade, il devint une des villes les plus considérables de la région. A partir de là, le culte de Saint-Nicolas se répandit dans toute la région et au-delà ; dans la vallée de la Moselle et dans la vallée du Rhin (XIIe siècle) puis dans toute l’Allemagne (XIIIe siècle). Selon la tradition populaire, Saint-Nicolas descendrait sur terre dans la nuit du 5 au 6 décembre pour offrir des présents aux enfants qui les ont mérités par leur piété, leur bonne conduite et leur application au travail.