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1914-1918 : Le journal d'un Colmarienne

 

La bibliothèque municipale possède un étonnant Journal intime manuscrit, témoin de la vie quotidienne des Colmariens durant la Grande Guerre. L’Alsace étant alors annexée au Reichsland depuis près d’un demi-siècle, l’ouvrage est de fait entièrement rédigé en allemand. En ce début de 20e siècle, la situation linguistique de l’Alsace est contrastée. La grande majorité de la population s’exprime en dialecte et encore très peu en français. Dès 1871, les Alsaciens vont découvrir l’école publique obligatoire pour y apprendre l’allemand et ce dès l’âge de 6 ans. Si dans un premier temps, les autorités n’interdisent aucunement la pratique du français, l’allemand devient alors la langue officielle en l’Alsace-Lorraine.

Page de titre du manuscrit d'Elisabeth Esther Lévy ; MS 801

Elisabeth-Esther Lévy, un témoin "mystère" de la Grande Guerre à Colmar 

Nos recherches n’ont pas permis d’obtenir beaucoup d’informations sur l’auteur de ce journal, néanmoins, Elisabeth-Esther Lévy dévoile les contours de son entreprise à la lecture des préfaces des différents volumes de son journal. Au vu du soin particulier qu’elle porta à son manuscrit, elle souhaitait de toute évidence passer son œuvre à la postérité en le confiant à la bibliothèque municipale de Colmar.  

A cette occasion, nous lançons un appel à toute personne susceptible de détenir des informations à son sujet. Celle-ci nous donne une piste en dédicaçant un des volumes à ses parents : « Alexandre Lévy und Jeannette geboren Gintzburger ».

 Notre propos n'étant pas d'entreprendre une étude approfondie du Journal d’Elisabeth-Esther Lévy mais d’en faire découvrir l’existence au plus large public, nous vous proposons une sélection de quelques passages couvrant les années 1914 et 1918 . 

 

Sommaire

  1. La genèse d'un journal écrit au péril de sa vie
  2. Août 1914, Colmar une ville paisible qui bascule dans la guerre
  3. Novembre 1918, le retour à la France ou la joie de la paix retrouvée

 

1. La genèse d'un journal écrit au péril de sa vie 

C’est en lisant l’avant-propos de l’auteur que nous découvrons les conditions périlleuses dans lesquelles E.E. Lévy rédigea son journal :

« Les lignes que vous allez lire ont été écrites durant toute la guerre de 1914-1918. Il était cependant sévèrement interdit de noter ses impressions. La prison menaçait celui qui osait confier ses intimes pensées à quelques feuilles de papier. Etant donné que je vivais seule, je ne pouvais communiquer mes réflexions à qui que ce soit. Au cours des nuits tragiques, alors qu’on entendait le grondement des canons, tantôt rapproché, tantôt plus lointain, que les avions ennemis semaient la mort, que la dictature militaire opprimait les Alsaciens et en particulier les Colmariens, j’éprouvais le besoin de prendre la plume. Nul ne soupçonna l’existence de mon journal. Ma volonté est qu’il reflète simplement l’atmosphère qui régna à Colmar et en Alsace pendant la Grande Guerre."

Le manuscrit est imprimé et publié en 1932

Si nous ne savons pas précisément à quel moment E.E. Lévy décide de remettre son manuscrit à la bibliothèque, le 1er décembre 1932, nous enregistrons dans nos collections les premiers volumes de son édition imprimée, qu’elle finança vraisemblablement avec ses propres deniers. Chaque volume couvre une année du conflit. Seule l’année 1918 comporte deux parties.

En 1935, Un Colmarien, resté anonyme a traduit en français le 1er volume couvrant les événements de l’année 1914.

Les volumes imprimés du journal dont seule l'année 1914 a été traduite par un colmarien resté anonyme ; A 24495 / A 25177

Sous la menace des Prussiens puis des Nazis 

En 1939, avant que « d’autres Allemands encore plus menaçants que ceux de 14 » envahissent l’Alsace, E.E. Lévy, décide de quitter la région en emportant avec elle la dernière partie de son manuscrit couvrant les événements de l’année 1918.  A la lecture de la préface de ce dernier volume qu’elle ne pourra imprimer qu’après la Deuxième Guerre mondiale, nous découvrons qu’elle se réfugie dans le Sud de la France, plus précisément dans la ville de Montélimar :

 « La dernière partie de mon journal couvrant l’année 1918 me demanda beaucoup d’efforts ainsi que d’engager de nouveaux frais. Comme dès 1938, je pressentais le déclenchement de la guerre, j’emportais mon manuscrit en Suisse.

Le 3 ou 5 septembre, c’est en Suisse que j’appris le déclenchement de la guerre. Puisque aucune bataille sérieuse n'avait lieu, en décembre 1939 je repris le train pour Colmar, en protégeant mes écrits auxquels je tenais comme à la prunelle de mes yeux à tel point que les autres voyageurs pouvaient supposer que je dissimulais des bijoux dans ma mallette. J’avais le pressentiment que l'Alsace serait conquise, c’est pourquoi je la quittais à nouveau avec mon manuscrit pour m'installer aussi loin que possible dans le sud de la France afin de ne rien voir de la guerre.

Si j’étais restée à Colmar, les Allemands m'auraient sans doute fusillée pour avoir dénoncé leurs agissements durant la guerre de 14, ce qu’ils ne pouvaient tolérer. Je fus effrayée quand je croisais des soldats allemands à Montélimar, où je vivais. Les persécutions des Juifs étaient à l'ordre du jour et je craignais d’être arrêtée et internée dans l’un de ces camps. J’ai eu la visite de la Gestapo. Dieu merci tout s’est bien passé. J’avais confié mes écrits à Monsieur Tortel, commis à l’hôpital de Montélimar, auquel je suis très reconnaissante.

Voici déjà 27 années que j’ai écrit ces lignes dont je n’ai rien modifié.  Quand viendront-elles à la lumière ? J’espère que la vente de mon mobilier me permettra de couvrir mes frais. Mais très certainement qu’une partie de mon mobilier sera vendue par les Nazis, une autre volée, et mes livres rejoindront les flammes ».

2. Août 1914, Colmar une ville paisible qui bascule dans la guerre

En 1914, Colmar est une ville prospère où il fait bon vivre.  Le choc provoqué par la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France le 3 août sera d’autant plus difficile à supporter par ses habitants.

Prospérité et bien-être balayés par la dictature militaire et les restrictions de guerre 

E.E. Lévy note entre le 4 et 7 août : « Les magasins d’alimentation de Colmar sont littéralement assiégés, les journaux sont soumis à la censure » « Il est interdit de quitter la ville de Colmar sans autorisation particulière » « six Colmariens ont été arrêtés dénoncés par de sinistres indicateurs ».

La douceur de vivre colmarienne n’est plus, l’ère de la guerre a commencé et pour longtemps malheureusement. Le pronostic d’E.E. Levy ne sera pas le bon : « A mon avis, il y aura entre les deux puissances une grande lutte qui peut durer jusqu’au Nouvel an ».

Des Colmariens qui ne veulent choisir entre l'Allemagne et la France

Si la France a toujours une place dans le cœur des Alsaciens, elle n’est plus une obsession. Le temps a fait indéniablement son œuvre. Depuis 1871, une nouvelle génération d’Alsaciens nés allemands a finalement trouvé sa place au sein du Reichsland.  Mais cette acceptation va être mise à mal par une répression militaire brutale à l’égard des populations locales injustement accusées de fraterniser avec l’ennemi. Mais comment pourrait-il en être autrement pour des Alsaciens fatigués d’être ainsi tiraillés entre l’Allemagne et la France comme le rappelle à juste titre E.E. Lévy dès le début du conflit :

« Les Colmariens viennent naturellement en aide aux soldats « des deux camps » en leur apportant notamment des victuailles, mais les autorités ne voient pas ces gestes d’un bon œil et interdisent formellement de faire des cadeaux aux prisonniers français. Ces gestes bienveillants doivent être réservés aux seuls Allemands. E.E. Lévy s’indigne face à cette mesure : « Les Colmariens font leur devoir vis-à-vis des Allemands et les traitent même comme des amis. Qu’ils secourent également les Français, c’est compréhensible ! Beaucoup ont servi dans l’armée française et la vue d’un Français réveille leur amour pour leur ancienne patrie. Beaucoup ont de la famille en France. Cependant c’est clandestinement que l’on donne aux Français. Un jour que je voulu donner du pain à un prisonnier français affamé je fus brutalement repoussée par une baïonnette. J’ai été dénoncée à la police par l’espion Stüffel ».

La première patrouille française à Colmar les 21 et 22 août 1914 ; V EST 702

La politique autoritaire suscite un fort ressentiment des Alsaciens à l'égard des Allemands

Les habitants ne peuvent plus circuler librement. La ville est quadrillée par une multitude de barrages militaires qu’il n’est possible de franchir qu’en possession d’un passeport en bonne et due forme.

Malgré les bonnes intentions de la population à l’égard des soldats allemands, ces derniers restent soupçonneux à l’égard des Alsaciens comme l’illustre encore cette anecdote relevée par E.E. Lévy :

Des soldats du Landwehr arrivent au pas cadencé . « Prenez des pommes » leur dit une femme qui se tenait dans la rue de Rouffach. Le capitaine se retourne hargneux : « Vous aimeriez mieux les donner aux Français n’est-ce-pas ? – « Vous êtes tous de pauvres diables, vous pouvez en avoir besoin ! » répondit simplement la Colmarienne. Là-dessus touché, le capitaine s’exclama : « Vous êtes une brave femme ! vive Colmar et sa population bienveillante ! ».

E.E. Lévy reste désappointée face aux excès répressifs des autorités : « Pourquoi subitement faire preuve d’une telle haine ? … Les Colmariens ne se plaignent pas, mais ils supportent de plus en plus difficilement d’être traités de la sorte …. La guerre change les hommes en bourreaux ».

Ainsi force est de constater que ce régime répressif et cette suspicion infligée à la population durant quatre longues années va considérablement nuire à l’assentiment des Alsaciens vis-à-vis de l’empire allemand. L’arrivée des Français en héros libérateurs n’en sera que facilitée.

3. Novembre 1918 : le retour à la France ou la joie de la paix retrouvée

Scène de liesse pour l'entrée des troupes françaises à Colmar

En ce mois de novembre 1918, des scènes de liesse ponctuent l’arrivée des troupes françaises dans les grandes villes d’Alsace, dont Colmar. C’est sans modération que la population civile exprime sa joie de retrouver enfin la paix.

Le 8 novembre à Colmar, Elisabeth-Esther Lévy témoigne de ce nouveau souffle de liberté qui s’empare progressivement du centre-ville : « Beaucoup de Colmariens se sont rassemblés place du Champ de Mars, ce qui attise ma curiosité. En m’y rendant, je constate que la statue du général Rapp est décorée d’une banderole tricolore. Plus personne ne cache sa joie. Les Colmariens échangent des regards sans équivoque : la libération est proche ! »

Le 12 novembre : « Dans les rues la foule est dense. Des éditions spéciales sont vendues. L'armistice a été conclue entre l'Allemagne et la France. C’est un grand soulagement, enfin libres après quatre années de guerre ! »

A partir du 16 novembre : « Les premiers soldats français déambulent fièrement à Colmar ». E.E. Lévy a du mal à en croire ses yeux. Pour cause, elle a encore fraîchement dans sa mémoire l’image des visages déconfits des premiers prisonniers français entr'aperçus quatre ans plus tôt à la gare, confinés dans des wagons.

17 novembre : « Colmar ressemble à une ville en fête.  Partout, on ne voit plus que le drapeau tricolore. On croit rêver ! Il y a quelques semaines encore, nous risquions d’être condamnés pour avoir prononcé un « Bonjour » et aujourd’hui « cet emblème séditieux » est suspendu à toutes les fenêtres ! Le passage de l’oppression à la libération est venu bien trop vite ».

L’entrée des troupes françaises à Colmar menées par les Généraux Messimy et Castelnau suivie de la visite officielle du président Poincaré 

Entrée triomphale du Général Castelnau le 22 novembre 1918 à Colmar par Victor Huen

Le 18 novembre, E.E. Lévy se rend place du Champ de Mars pour être aux premières loges des festivités :

« Aujourd’hui, les troupes françaises font leur entrée dans Colmar avec en tête du cortège le Général Messimy (article wikipédia présentant une vue de son entrée à Colmar).  Au petit matin déjà, Colmar est très animé. Des Alsaciens venus de partout ont investi le centre-ville. Des jeunes femmes ont revêtu le costume alsacien. A mes côtés se trouve un homme avec des béquilles. A peine vit-il les premiers soldats du cortège qu’il s’écria : « ils arrivent ! » il laisse ses béquilles sur place pour se précipiter plus en avant ! Je m’interroge, Sommes-nous à Lourdes ??

Au moment où apparut le Général Messimy, toutes les Alsaciennes agitèrent leurs lingettes, ce qui aurait été une très belle scène pour un peintre. Lorsque le cortège arriva route de Rouffach qui était noire de monde, la foule jubila comme jamais ! Dans la rue, par les fenêtres et jusque sur les toits, la foule scandait : Vive la France, Vive le Général, vive les libérateurs, vive les Poilus !

le 22 novembre,  à une heure de l’après-midi, le chef victorieux de l’armée de l’Est, le Général Castelnau et ses troupes font à leur tour leur entrée à Colmar .

Revue des troupes françaises par le Général Castelnau à Colmar le 22 novembre 1918 ; EST 698

Le 10 décembre, vers 9h les rues étaient bondées. On entendit des tirs de canon : Le président Poincaré suivi de son cortège fit son entrée à Colmar».

 L’envers du décor : Les populations allemandes victimes de la vindicte populaire 

Si Elisabeth Esther Lévy évoque très largement ces moments festifs, elle nous fait également part de scènes moins glorieuses auxquelles elle assiste dès le surlendemain des cérémonies officielles du 18 novembre :

« A 7 heures du soir, alors que j’arrivais à l’angle de la rue des Têtes et des Boulangers, j’assistais à un bien triste spectacle. Toutes les fenêtres de la maison Kegel (aujourd’hui le magasin de Félix Lévy) étaient brisées et les marchandises volées. Même constat pour les commerces Wilius, Meyer, Süssel, Kauffmann, Wolf, Knopf (dont l’enseigne est réapparue récemment sur la devanture du magasin Monoprix) et Mandowsky. La dernière maison était en feu»

Avis de la Ville de Colmar du 21 novembre 1918

Si elle-même fut victime de la répression, pour autant, elle ne cautionne aucunement ces actes de vandalisme et déplore le sort réservé aux populations allemandes : « Comme je l’ai déjà précisé auparavant, je condamne fermement ces agissements. Mais au vu de la situation, je ne peux  comprendre pourquoi certains Allemands n’ont toujours pas quitté la ville.Même si la plupart d’entre eux se sont toujours bien comportés à l’égard des Alsaciens, malheureusement, souvent l’innocent paie pour le coupable . Il est vrai qu’au fil des décennies, certaines familles allemandes étaient parvenues à se construire une bonne situation en Alsace. Il leur sera d’autant plus difficile de retrouver une Allemangne  appauvrie».  

22 Novembre :« Des Alsaciens reviennent d’Allemagne où ils ne sont également plus les bienvenus. Comment réagiront-ils quand ils apprendront les débordements de ces derniers jours ?

Les "Vieux-Allemands" sont expulsés de la ville

Le 8 décembre, E.E. Lévy se rend au Cercle Saint-Martin pour assister à l'évacuation programmée des populations civiles allemandes :

Evacuation de civils allemands le 8 décembre 1918 ; V EST 186 4

« Vers 11H30, il y avait déjà foule devant le cercle catholique. On attendait les "Vieux- Allemands".  Dès qu’ils apparurent, la populace les couvrit d’insultes. Leur démarche était chancelante et leur teint blafard. Cinq camions étaient affrétés. Les bagages furent fouillés. Lorsqu’ils furent installés, le convoi traversa la rue de Rouffach, la rue des Clés, la rue Vauban, puis jusqu’à Horbourg avant de prendre la direction du Rhin. A Vieux-Brisach, ils firent une halte où la populace les invectiva avec des « Dehors les Boches ! ».  

Je reconnus plusieurs personnes, dont notamment l’espion Stüffel qui m’avait dénoncée en 14 pour avoir fait preuve de trop de générosité à l’égard des prisonniers français. Mais aussi le Dr Peters, administrateur du district, chargé de la distribution des denrées alimentaires, qui privilégiait sans vergogne « les nobles Allemands » au détriment du reste de la population colmarienne. Mais les autres sont-ils réellement coupables de méfaits ? Je ne le crois pas. C’est avant tout un sentiment de haine et une vengeance aveugle qui s’expriment ici. Je rentrais chez moi démoralisée, je ne pus rien avaler et ne trouvais pas le sommeil ».

Evacuation de civils allemands le 8 décembre 1918 ; V EST 186 11

Une nouvelle fois E.E. Lévy déplore ce traitement inhumain infligé sans distinction à l’ensemble des Allemands.  Ces familles installées depuis de longue date à Colmar s’étaient au fil du temps parfaitement intégrées à la population :

 « Pourquoi les gens se détestent-ils autant ? A peine libérés de la dictature militaire, certains habitants de Colmar expriment une haine sans limites. Malheureusement les innocents ne sont pas épargnés ».

«Pendant la guerre, je soutenais les Français, même si je risquais cent fois la prison. Mais aujourd’hui, les civils allemands ne doivent pas être ainsi menacés. Seuls les dénonciateurs, dont des Alsaciens, doivent être sévèrement condamnés ».

L'Alsace comme trait d'union entre L'Allemagne et la France : le voeu d'E.E. Lévy restera pieux

E. Lévy clôt son journal en faisant preuve d’une grande lucidité quant aux enjeux géopolitiques à venir au sortir de la Grande Guerre. Malheureusement, comme nous l’a montré l’histoire, sa clairvoyance restera vaine, du moins pas avant l’issue de la Seconde Guerre mondiale : 

« J’émets le souhait que la France puisse enfin franchir le Rhin pour tendre la main à l’Allemagne. L’Alsace doit devenir le trait-d’union entre les deux pays. Si ces deux puissances militaires vont de pair, une guerre mondiale devient impossible. Dans le cas contraire, nous allons à la rencontre d'une guerre encore plus terrible. La puissante industrie de guerre allemande travaille en secret. La France ne doit pas s’endormir sur ses lauriers, ce qui risque d’être le cas après sa victoire. Je termine mon journal par ces mots : Vive la France ! ». 

 

A travers son journal, Elisabeth-Esther Lévy révèle tout le paradoxe de L’Alsace au sortir de la 1ère Guerre mondiale. De cœur avec la France, elle reste germanophone et ne veut aucunement adopter une attitude manichéenne à l’égard des allemands.  Profondément humaniste, elle veut croire en une réconciliation entre l’Allemagne et la France. Elle sera exaucée bien plus tard qu’elle ne l’aurait souhaitée. Sa détermination à apporter son témoignage sur cette période de l’histoire de Colmar, au péril de sa vie, nous inspire la plus grande admiration.

 

(Texte de Didier Zaessinger, secteur des alsatiques, bibliothèque des Dominicains)

(Les documents iconographiques présentés sont issus des collections du cabinet des estampes)