Vous êtes ici

La Marseillaise

 

 

« Les chemins de la Marseillaise », roman de Michel Winter, 
vs
« Le chant de la Marseillaise, son véritable auteur » par Arthur Loth :

alsatique d’aujourd’hui ou alsatique d’hier, qui croire ?

(Texte de Didier Zaessinger, secteur des alsatiques, bibliothèque des Dominicains)

 

Au pays de la Marseillaise brochure / Paris, La Renaissance contemporaine, 1919. Bibliothèque des Dominicains.

Au pays de la Marseillaise brochure / Paris, La Renaissance contemporaine, 1919. Bibliothèque des Dominicains.

 

La récente parution du roman de Michel Winter « Les chemins de la Marseillaise » rappelle que notre hymne national est né le 26 avril 1792 à Strasbourg.

Alors que la France vient de déclarer la guerre à l’Autriche, Frédéric de Dietrich, Maire de la Ville, commande à l’officier Claude Rouget de Lisle, un chant patriotique destiné à galvaniser les troupes. Celui-ci, tout d’abord intitulé « chant de guerre pour l’Armée du Rhin », sera finalement baptisé « La Marseillaise », après que les fédérés en provenance de Marseille l’ont entonné haut et fort lors de l'insurrection des Tuileries le 10 août 1792.

« Les chemins de la Marseillaise »

Cet ouvrage nous replonge plus généralement dans l’histoire révolutionnaire alsacienne, plus précisément celle de la Terreur. Pendant cette période, Euloge Schneider s’est notamment illustré. Défroqué, l’ancien Moine franciscain était devenu accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg.

Michel Winter revient également à travers ce roman sur la controverse au sujet de la paternité de l’hymne national. Au cours du XIXe siècle en effet, certains compositeurs et critiques ont cherché à attribuer la Marseillaise à un autre auteur que Rouget de Lisle. En témoigne l’ouvrage d’Arthur Loth « Le chant de la marseillaise, son véritable auteur », paru en 1886 et présent dans le fonds régional de la bibliothèque des Dominicains. Ce dernier accuse directement Rouget de Lisle d’avoir plagié l’introduction d’ « Esther », un oratorio de Jean-Baptiste Grison.

« Le chant de la marseillaise, son véritable auteur », paru en 1886

Si Arthur Loth veut bien concéder à Rouget de Lisle la composition du texte de l’hymne : « bien qu’il n’a fait que donner une forme lyrique aux idées courantes et qu’imiter des œuvres antérieurs… », c’est véritablement sur la composition musicale qu’il émet de sérieux doutes en prétextant les piètres  qualités de musicien du capitaine du Génie : « Pour composer l’air de la Marseillaise, il fallait être musicien, et musicien de profession, comme le jeune capitaine du génie ne l’était pas et ne l’a jamais été. L’auteur des cinquante chants français n’était qu’un très médiocre compositeur, comme l’ont prouvé les pauvres œuvres sorties de sa plume après le grand succès de sa prétendue Marseillaise ».

Faux procès, ou tout simplement mesquinerie de la part d’un mélomane refusant de croire qu’une si grande création puisse être spontanément composée en une seule nuit ? Peu importe, Rouget de Lisle, mort en 1836, n’eut pas à faire face à cet affront de son vivant !

En savoir plus :

  • Les chemins de la marseillaise roman de Michel Winter / Le Verger éditeur, 2015 ;
    A 34949 Bibliothèque des Dominicains et R WIN (PMC)
  • La Marseillaise, histoire d’un Mythe [collectif] / Editions des DNA, 2015 collection « les patrimoines » ;
    Bibliothèque des Dominicains ABR 4253
  • A noter : la page de couverture de ces deux livres présente le célèbre tableau réalisé en 1849 par Isidore Pils, visible au Musée historique de Strasbourg (dépôt du Musée du Louvre)

La Marseillaise, histoire d’un Mythe [collectif] / Editions des DNA, 2015 collection « les patrimoines » ; Bibliothèque des Dominicains ABR 4253

  • Vie et mort d'Euloge Schneider, ci-devant franciscain : des Lumières à la Terreur, 1756-1794 de Claude Betzinger / éditions La Nuée Bleue, 1997 ;
    Bibliothèque des Dominicains A 32135
  • Euloge Schneider, 1793, par E. Mühlenbeck /Strasbourg : F.C. Heitz, 1896 ;
    Bibliothèque des Dominicains A 22344
  • Notes sur la vie et les écrits d'Euloge Schneider, accusateur public du département du Bas-Rhin par Frédéric-Michel Heitz / F.C. Heitz 1862 ;
    Bibliothèque des Dominicains ICHA 1163
  • Le chant de la Marseillaise, son véritable auteur par Arthur Loth / Victor Palmé libraire-éditeur, 1886 ;
    Bibliothèque des Dominicains  A 21868