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Cartes de vœux

La p'tite pépite :

Des vœux par milliers pour l’an nouveau
(Texte de Fabienne Montchaud, responsable du cabinet des estampes de la bibliothèque des Dominicains de Colmar
et Delphine Sivignon, service communication de la ville de Colmar)


 

Diverses cartes de voeux

Voilà ouverte « la période des vœux » ! Les vœux que l’on s’adresse aujourd’hui de visu, par téléphone, par SMS, par mail, mais également –encore et toujours- par voie postale. La dématérialisation progressive des échanges n’a pas encore totalement eu raison de cette tradition et chaque année, des millions de cartes sont échangées dans le monde entier à l’occasion de l’entrée dans la nouvelle année.

Selon qu’il envoie ses propres vœux par réflexe professionnel, obligation sociale ou sincère attention à l’autre, le lecteur de ces quelques lignes se trouvera conforté, consolé ou récompensé de savoir que la tradition remonte à des temps très reculés, bien antérieurs à l’invention de l’imprimerie.

Carte de voeux : Japon

Japon

Carte de voeux : Albert Decaris (1901-1988, France)

Albert Decaris (1901-1988, France)

En 1978, Paul Pfister (1908-1985), germaniste et enseignant à Versailles d’origine alsacienne, fait don à la bibliothèque des Dominicains de Colmar de 7 000 cartes de vœux. Comme sa passion l’a conduit à s’intéresser de près à l’histoire des vœux du Nouvel An, il nous fait partager un peu de son savoir dans un texte rédigé à l’occasion de ce don :

 « Dès l’ancienne Egypte, on s’offrait à la fois des vœux et des cadeaux. Les Perses donnaient des œufs considérés comme le symbole de la fécondité, tandis que les Romains s’apostrophaient par ces mots : « Prospera lux oritur », c’est-à-dire « Une aube heureuse est née », et distribuaient des branches de laurier, puis des friandises. Les chrétiens reprirent cette pratique en faisant du Jour de l’An une occasion, après Noël, d’échanger des étrennes et de festoyer. »

« Aux vœux oraux succédèrent les cartes grâce à l’invention de l’imprimerie […] Les éléments religieux dominèrent tout au long du Moyen-âge, la Vierge et les anges venant peu à peu s’ajouter à l’Enfant-Dieu, jusqu’au moment où les thèmes se multiplièrent, simultanément avec les techniques utilisées ; après les gravures sur bois naquirent aux XVIIe et XVIIIe siècles, les gravures sur cuivre, plus rares parce que plus précieuses. »

« A leur tour, les textes se mirent à varier dans le fond et la forme et prirent parfois des allures humoristiques ou badines. » 

Carte de voeux : Gérard Gaudaen (1927-2003, Belgique)

Gérard Gaudaen (1927-2003, Belgique)

Carte de voeux : Dafinel Duinea (1921-1998, Roumanie)

Dafinel Duinea (1921-1998, Roumanie)

La collection de cartes de vœux de Paul Pfister, dont vous avez ici un petit aperçu, comprend des cartes de toutes les régions du globe (Amérique du sud, Japon et Australie compris), de tous styles et de toutes techniques (gravures sur bois, sur cuivre, sur linoléum ou sur zinc), et nous propose les variations les plus diverses, religieuses ou solennelles, en vers ou en prose, mêlant l’humour et les maximes. L’histoire ne dit cependant pas combien de cartes de vœux il a lui-même envoyé pour en collectionner autant et de si belles…

Soulignons toutefois la très grande érudition et la générosité de Paul Pfister, puisqu’en plus de cette très précieuse collection, il a fait don à la Bibliothèque de Colmar de sa collection de 70 000 ex-libris, de près de 1 000 estampes et d’une riche documentation concernant l’ex-libris et les arts graphiques en général. L’ensemble est aujourd’hui conservé au Cabinet des Estampes, au sein de la Bibliothèque des Dominicains.

Carte de voeux : Hermann Huffert (1905-1995, Allemagne)

Hermann Huffert (1905-1995, Allemagne)

Carte de voeux : Robert Gall (1904-1974, Alsace)

Robert Gall (1904-1974, Alsace)

Carte de voeux : Paul Spindler (1906-1980, Alsace)

Paul Spindler (1906-1980, Alsace)